
25%. C'est le taux de chômage des jeunes en France, un des taux les plus élevés des pays de l’OCDE !
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante pour l’avenir de notre pays :
1- 16% des jeunes sortent du système scolaire sans diplôme. L’échec scolaire est souvent le fruit d’un mode d’apprentissage qui refuse de mettre l’élève au centre de la pédagogie, comme c'est le cas dans les pays scandinaves, notamment la Finlande. Ce pays est d’ailleurs considéré comme doté du meilleur système scolaire du monde.
2- Notre mode d’acquisition des savoirs donne la part belle à l’intelligence académique, faisant mine de ne pas voir que cette forme intelligence est souvent le fruit d’un héritage social que l'on peut encore qualifier de "bourgeois". En clair, en ne mettant pas l’élève au centre du système, en refusant d'adapter les pédagogies aux publics, on refuse de reconnaître la plasticité de l’intelligence. Favoriser la plasticité de l’intelligence aurait pourtant le mérite de valoriser les divers héritages sociaux qui caractérisent la France d’aujourd’hui.
3- Les jeunes diplômés eux souffrent également d’une dramatique crise de confiance de la part de leurs aînés employeurs. En octobre 2009, une étude TNS Sofres révélait que 43% des jeunes diplômés étaient au chômage. Pire, ils étaient 63% si on prend en compte ceux ayant une activité rémunérée, mais étant toujours à la recherche d’un véritable emploi. Dans le même temps, le chômage des jeunes est moins important chez les diplômés des Ecoles Supérieures de commerce et d’ingénieur, par rapport à ceux issus de l'Université. Cette dernière population est souvent jugée à tort comme dotée d’une formation peu adaptée aux besoins des entreprises. Pourtant, chez certains de nos voisins européens, il n’est pas rare de voir un expert comptable diplômé en anthropologie ou un brillant commercial ayant été formé à la sociologie ! La créativité et l’innovation dont à besoin l’économie française doivent également passer par une combinaison des profils et des formations.
4- Les jeunes diplômés sont également victimes de politiques abusives en matière de stages en entreprise. En effet, sous couvert d’une mission de formation, certains comportements de chefs d’entreprises sont inacceptables : ‘’pourquoi donc embaucher et payer des charges, quand on peut profiter d'une main d'œuvre à bas coût – 400€ en moyenne – le tout en percevant des subventions publiques !’’ Pendant ce temps, ces jeunes diplômés, qui ne demandent qu’à exprimer leur potentiel au service de l’économie française, restent inscrits au Pôle emploi, avec un premier contact avec l’entreprise pour le moins négatif et décourageant.
Je suis convaincu, comme beaucoup, que pour créer les conditions du plein emploi, et notamment au profit des jeunes, il nous faut accroître et développer notre tissu de PME.
Les PME sont le moteur de l’emploi. Elles représentent plus de la moitié de la valeur ajoutée produite en France. Elles emploient 65% des salariés du privé. Cependant nous avons de plus en plus de difficultés à y faire croître les emplois. Pour s’en convaincre, il suffit d’analyser le manque de réponses probantes apportées par les autorités (pas tout à fait) compétentes, visant à dynamiser la création, le développement et le financement des TPE/PME/PMI.
Face à ce constat, et en tant que responsable du développement économique et de l’innovation au sein du Mouvement Démocrate, je travaille à un ensemble de propositions, sous la houlette de Robert Rochefort. Ces propositions pourront être discutées et amendées à la fin du premier trimestre de l’année 2011. Elles visent à apporter des réponses concrètes sur l’extension du tissu des petites et moyennes entreprises, et d’une manière générale à identifier et activer les ressorts à la génération d’activité.
Je suis aussi un des nombreux représentants de ces petites et moyennes entreprises. J'ai donc décidé d’engager ma propre entreprise, une PME dans le domaine des technologies mobiles, nommée OBAD, dans une démarche de responsabilité sociale et sociétale.
Le premier volet de cette démarche me conduit à participer aux 3e rencontres entre des jeunes diplômés de niveau Bac+4/5 résidants dans les quartiers politique de la ville et des représentants de PME le vendredi 5 novembre de 9h à 12h à la CCIP de Seine-Saint-Denis.
L’objectif de cet événement est d'offrir aux candidats une meilleure connaissance des PME-PMI et de tordre le cou à certains a priori, mais aussi de leur permettre de découvrir un secteur d’activité ou d’une fonction afin de mieux affiner leur stratégie de recherche d’emploi ou de stage. Dans le même temps, ces rencontres permettent aux entreprises de détecter des profils à fort potentiel pour des besoins de recrutement futur.
Alain Dolium, Échelle Humaine
